« L’exercice libéral ne doit plus être découvert par hasard en fin de cursus. » Le titre de l’interview du Dr Sylvie Filley-Bernard, présidente de l’URPS Médecins libéraux Auvergne-Rhône-Alpes, dans Le Quotidien du Médecin, dit une chose que nous constatons chaque jour au cabinet. Quelques semaines plus tôt, son URPS réunissait à Lyon médecins, remplaçants, internes et étudiants pour une Journée de l’entrepreneuriat médical consacrée à cette idée. Nous partageons ce constat sans réserve, et nous voulons dire pourquoi il structure notre travail auprès des médecins.
Ce que porte l’URPS AuRA, et pourquoi cela nous parle
Le samedi 30 mai 2026, au Grand Hôtel-Dieu de Lyon, l’URPS Médecins libéraux Auvergne-Rhône-Alpes a organisé une Journée de l’entrepreneuriat médical : de 9h à 15h30, gratuite, ouverte aux médecins libéraux, aux remplaçants, aux internes et aux étudiants de la région. Quatre axes au programme : installation, développement de l’activité, gestion de l’entreprise libérale, fin de carrière et transmission. Le format mêlait rendez-vous individuels, ateliers, conférence et stands.
Ce qui frappe, c’est le vocabulaire. On y parle de statut, de fiscalité, d’associés ; de retraite et de prévoyance avec la CARMF ; de modes d’exercice, aux côtés d’experts-comptables. La présidente de l’URPS le formulait ainsi dans la presse : « Si l’on veut donner envie de s’installer, alors il faut aider ! ». Nous saluons cette initiative, comme le dispositif « Vis ma vie » qui fait découvrir en amont le quotidien libéral aux étudiants.
« Quand je reçois un jeune médecin qui vient de s’installer, je vois rarement quelqu’un qui a peur des chiffres : je vois quelqu’un à qui personne n’a jamais expliqué que son cabinet était une entreprise. Notre travail, c’est de combler ce silence-là, le plus tôt possible. »
Pierre-Emmanuel Hinard — expert-comptable, EPIPHYSE Conseil
Un constat que nous faisons chaque jour : l’entreprise découverte trop tard
Le médecin sort de dix à douze ans d’études armé d’un immense savoir clinique, mais rarement d’une notion de gestion, de fiscalité ou d’équilibre comptable. L’enquête du Conseil national de l’Ordre des médecins sur les déterminants de l’installation (2019) l’avait déjà mesuré : 59 % des internes et 43 % des remplaçants plaçaient l’appréhension d’un risque économique parmi les freins à leur installation.
La tendance démographique va dans le même sens. L’Atlas 2026 de l’Ordre relève que, pour la première fois, les médecins salariés sont plus nombreux que ceux qui exercent exclusivement en libéral, et le passage par le remplacement avant l’installation s’est largement généralisé. Le versant entreprise s’apprend le plus souvent sur le tas, faute d’avoir été outillé en amont. La dimension entrepreneuriale n’est pas optionnelle ; elle est seulement découverte trop tard. C’est le constat que pose le Dr Filley-Bernard.
L’exercice libéral, c’est aussi une entreprise — expliquée simplement
Dire « l’exercice est une entreprise » n’a rien d’abstrait. Cela recouvre des choix très concrets, que nous accompagnons en tant qu’expert-comptable des médecins.
- L’entreprise individuelle au BNC : le point de départ le plus courant. Deux régimes d’imposition coexistent — le micro-BNC, simple mais sans déduction des charges réelles, et la déclaration contrôlée (formulaire 2035), souvent plus favorable dès que les charges dépassent l’abattement forfaitaire. Ce choix de régime au lancement mérite d’être posé, pas subi.
- La société d’exercice libéral (SEL, SELARL ou SELAS) : un cadre à l’impôt sur les sociétés qui permet de piloter son revenu. Il se justifie surtout par un projet, après chiffrage.
- Le remplacement : honoraires rétrocédés imposés au BNC, avec un régime déclaratif simplifié possible sous seuil pour les remplaçants. C’est souvent la première marche vers l’installation.
- L’exercice conventionné : le médecin de secteur 1 relève, pour l’assurance maladie, du régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés (PAMC) — un régime spécifique rattaché au régime général — et de la CARMF pour la retraite, avec un abattement fiscal propre que nous détaillons dans notre article sur l’abattement du médecin conventionné.
À ces choix s’ajoutent, dès qu’on grandit, le partage de moyens en SCM ou les obligations du médecin employeur. Autant de sujets qui n’apparaissent nulle part dans le cursus.
« Je partage entièrement le constat porté par l’URPS AuRA : l’exercice libéral ne devrait jamais se découvrir par hasard en fin de cursus. C’est précisément pour cela que nous avons construit ALICEA — rendre lisibles les recettes, les charges, les provisions sociales et le revenu réellement disponible, dès la première année. »
Pierre-Emmanuel Hinard — expert-comptable, EPIPHYSE Conseil
Notre réponse : accompagner dès l’installation, pas après
Notre conviction est simple : l’accompagnement comptable et financier ne devrait pas commencer le jour où le médecin découvre son premier avis d’imposition. Il doit commencer à l’installation, voire avant, pendant le remplacement. C’est le sens de notre travail chez EPIPHYSE Conseil, cabinet dédié aux professions libérales BNC et spécialisé auprès des médecins et des professions de santé, depuis nos bureaux de Bordeaux et de Tours comme à distance.
Concrètement, cela revient à poser tôt les bonnes questions : quel régime pour démarrer, quelles provisions sociales anticiper, quel revenu se verser une fois les cotisations et l’impôt à venir mis de côté. Nous avons rassemblé une partie de ces repères dans nos outils, du prévisionnel BNC au simulateur de cotisations sociales.
« On ne demande pas à un médecin de devenir comptable. On lui doit un tableau de bord clair, qu’il comprend en une minute, pour décider en connaissance de cause. C’est notre engagement au quotidien auprès des professions de santé. »
Pierre-Emmanuel Hinard — expert-comptable, EPIPHYSE Conseil
ALICEA : rendre l’entrepreneuriat médical lisible
C’est cette même conviction qui nous a conduits à développer ALICEA, notre logiciel maison. Son objet n’est pas de remplacer le médecin ni son comptable, mais de rendre lisible la dimension financière de l’exercice : recettes, charges, provisions sociales — dont la CARMF —, impôt à venir, trésorerie, et le revenu que le médecin peut réellement se verser.
ALICEA a été pensé aussi pour ceux qui débutent, quel que soit leur cadre : entreprise individuelle au BNC, société d’exercice libéral, médecin remplaçant, exercice conventionné. L’idée est de donner un tableau de bord clair, sans jargon, compréhensible même sans avoir jamais ouvert un manuel de gestion : un outil de pilotage, au service du médecin et de son comptable.
Se réjouir de ces initiatives, et continuer
Que l’URPS AuRA fasse de l’entrepreneuriat médical le thème d’une journée entière, qu’elle réunisse experts-comptables, CARMF, URSSAF et Ordre autour des jeunes médecins, qu’elle envoie des étudiants en immersion chez des libéraux : voilà une lecture du problème que nous partageons de longue date. Nous n’étions pas partie prenante de cet événement, et ce billet n’engage que nous, mais la convergence de vues méritait d’être dite.
Préparer les médecins à leur métier d’entrepreneur, ce n’est pas les détourner du soin : c’est leur rendre la liberté d’exercer sereinement. Si vous vous installez, changez de statut ou cherchez simplement à y voir clair, parlons-en.
Questions fréquentes
L’exercice libéral d’un médecin est-il vraiment « une entreprise » ?
Oui, au sens comptable et social. Le médecin installé perçoit des recettes, supporte des charges, provisionne ses cotisations sociales (dont la CARMF) et son impôt, et pilote un revenu disponible. Qu’il exerce en entreprise individuelle au BNC ou en société d’exercice libéral (SEL), il dirige de fait une petite entreprise, avec des choix de statut, de régime fiscal et de trésorerie à assumer.
Pourquoi tant de jeunes médecins se sentent-ils démunis face à la gestion ?
Parce que la dimension administrative et comptable n’est quasiment pas enseignée durant les études. L’enquête du Conseil national de l’Ordre de 2019 relevait déjà que 59 % des internes et 43 % des remplaçants citaient le risque économique comme frein à l’installation. Le versant entreprise est le plus souvent découvert sur le tas, pendant le remplacement puis à l’installation.
Quels statuts s’offrent à un médecin qui s’installe ?
Principalement l’entreprise individuelle au BNC (micro-BNC ou déclaration contrôlée 2035) et la société d’exercice libéral (SEL, à l’impôt sur les sociétés). S’y ajoutent le statut de remplaçant et les règles propres à l’exercice conventionné (régime PAMC pour l’assurance maladie, CARMF pour la retraite). Le bon choix dépend du projet, des charges et des objectifs de revenu.
Qu’est-ce qu’ALICEA apporte concrètement à un médecin ?
ALICEA est le logiciel développé par EPIPHYSE pour rendre lisible la dimension financière de l’exercice : recettes, charges, provisions sociales dont la CARMF, impôt à venir, trésorerie et revenu réellement disponible. C’est un outil de pilotage, pensé aussi pour ceux qui débutent en entreprise individuelle au BNC, en SEL, comme remplaçant ou en exercice conventionné.
EPIPHYSE Conseil, expert-comptable des médecins, vous accompagne dès l’installation — entreprise individuelle, société d’exercice libéral, remplacement — et vous équipe d’ALICEA pour piloter votre activité au clair. Parlons de votre projet.
