Depuis l’automne 2025, « la réforme du secteur 2 » revient dans toutes les conversations de confrères. Un médecin nous a demandé la semaine dernière s’il devait avancer son installation avant qu’il ne soit trop tard.
La réponse mérite d’être donnée sans détour. Au 18 août 2026, aucun texte réformant le secteur 2 n’a été adopté et aucun n’est en cours d’examen au Parlement. Le sujet reste ouvert, par deux voies distinctes que nous détaillons plus bas. Et la seule mesure réellement votée sur les honoraires vise le secteur 3, à compter du 1er janvier 2027.
Cet article classe chaque mesure selon son statut : en vigueur, rejetée, ou seulement proposée. C’est ce tri qui sépare une décision d’installation réfléchie d’une décision prise dans l’urgence.
État du droit arrêté au 18 août 2026. Nous mettrons cet article à jour au dépôt du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027, attendu début octobre.
La réponse en quatre points
- Aucun texte n’a été adopté sur le secteur 2. Le droit applicable reste la convention médicale du 4 juin 2024.
- Une seule date est certaine : le 1er janvier 2027 — et elle concerne les médecins non conventionnés.
- La surtaxe sur les dépassements a été proposée, puis retirée du texte. Le taux reste 3,25 %.
- Le vrai rendez-vous est contractuel, pas législatif : les contrats OPTAM prendront fin avec la nouvelle nomenclature des actes.
Chacun de ces points est repris ci-dessous, avec son texte. Si vous vous installez ou envisagez de changer de secteur, notre page dédiée aux médecins libéraux reprend le reste de votre calendrier fiscal et social.
Le secteur 2 en droit positif : ce qui s’applique au 18 août 2026
La convention nationale organisant les rapports entre les médecins libéraux et l’Assurance maladie a été signée le 4 juin 2024 et approuvée par arrêté du 20 juin 2024, publié au Journal officiel du 21 juin. Elle est entrée en vigueur le lendemain, pour cinq ans, avec tacite reconduction.
Deux conditions cumulatives pour accéder au secteur 2
L’option n’est ouverte qu’à la primo-installation en libéral conventionné, ou en cas de changement de spécialité, et suppose de détenir un titre ouvrant l’accès. La convention en dresse une liste limitative de six : ancien chef de clinique des universités-assistant des hôpitaux, ancien assistant hospitalier universitaire, ancien chef de clinique des universités de médecine générale, ancien assistant des hôpitaux, médecin des armées et praticien hospitalier.
On lit souvent que le secteur 2 serait réservé aux titres hospitalo-universitaires. C’est inexact : trois des six n’en sont pas — ancien assistant des hôpitaux, médecin des armées et praticien hospitalier. Une nouveauté de 2024 mérite d’être connue des internes : une année de docteur junior compte désormais pour une année vers le titre d’ancien assistant des hôpitaux.
À défaut de titre, une procédure d’équivalence existe, instruite par l’Assurance maladie après avis du Conseil national de l’Ordre. Point de trésorerie à anticiper : pendant toute l’instruction, le médecin exerce en secteur 1.
La convention laisse un mois au médecin pour faire connaître son choix à sa caisse. Passé ce délai, il est réputé exercer à tarifs opposables, donc en secteur 1. Le coût de ce silence se mesure : c’est l’écart de cotisations calculé plus bas, reproduit chaque année de la carrière.
Deux règles à ne pas confondre
La première : le passage du secteur 2 vers le secteur 1 est possible à tout moment, et il est irréversible. Aucune exception.
La seconde : quatre situations ne consomment pas le droit d’option attaché à la primo-installation. Un médecin qui les a connues conserve donc la possibilité de choisir son secteur lors de sa véritable première installation en libéral conventionné — création d’un nouveau diplôme d’études spécialisées, activité libérale intra-hospitalière des praticiens hospitaliers, activité libérale exercée hors régime conventionnel, clinicat de médecine générale. Hors ces cas, et hors changement de spécialité, la porte du secteur 1 vers le secteur 2 reste fermée.
Une liberté tarifaire encadrée, mais sans plafond
Le secteur 2 permet de fixer des honoraires différents, à charge de les fixer « à des niveaux modérés » et de les moduler de façon individualisée, les tarifs opposables s’imposant en situation d’urgence. S’y ajoute le devoir déontologique de fixer ses honoraires « avec tact et mesure », posé par l’article R. 4127-53 du code de la santé publique.
Aucun plafond opposable n’existe aujourd’hui. Et le secteur 1 n’est pas « zéro dépassement » : il autorise un droit à dépassement plafonné à 17,5 % par acte technique hors parcours de soins, réservé aux spécialistes et exclu pour les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire.
Secteur 1, secteur 2 avec OPTAM, secteur 2 sans OPTAM
Le choix de secteur ne se résume pas au tarif affiché. Il commande le remboursement du patient, la prise en charge de vos cotisations, votre régime fiscal et votre accès aux aides à l’installation.
| Secteur 1 | Secteur 2 adhérent OPTAM | Secteur 2 sans OPTAM | |
|---|---|---|---|
| Liberté tarifaire | Non (dépassement autorisé plafonné à 17,5 %) | Oui, dans les engagements souscrits | Oui, « niveaux modérés » |
| Tarifs conventionnels applicables (majorations, forfaits) | Secteur 1 | Secteur 1 | Secteur 2 |
| Base de remboursement du patient (consultation de spécialiste, tarifs en vigueur au 18 août 2026) | 31,50 € | 31,50 € | 23 € |
| Cotisations maladie et allocations familiales prises en charge par la CPAM | Oui | Non | Non |
| Avantage supplémentaire vieillesse : part des caisses | Deux tiers | Non | Non |
| Abattement de 2 %, groupe III, abattement de 3 % | Oui | Non | Non |
| Prime annuelle | Non, sauf médecins titrés installés avant le 1er janvier 2013 ayant adhéré à l’OPTAM | Oui — 11 475 € en moyenne au titre de 2024, toutes spécialités confondues, versés en juillet 2025, dégressifs selon le respect des engagements | Non |
| Aides à l’installation en zone sous-dense | Oui | Oui | Non |
Tableau établi et tenu à jour par EPIPHYSE Conseil, expert-comptable des professions libérales BNC à Bordeaux et Tours.
Il vous rend les tarifs du secteur 1, majorations et forfaits compris, restaure la base de remboursement de votre patient et vous ouvre les aides à l’installation. En revanche il ne rétablit ni la prise en charge de vos cotisations, ni les déductions fiscales du secteur 1. La prime est calibrée pour compenser une partie des cotisations sur l’activité à tarif opposable, mais elle reste un produit imposable, non une exonération de charges.
Depuis le 1er janvier 2026, les aides à l’exercice en zone sous-dense ont été rénovées :
- 10 000 € en zone d’intervention prioritaire ;
- 5 000 € en zone d’action complémentaire ;
- 3 000 € pour un cabinet secondaire en zone prioritaire.
Elles sont versées sous trois mois, et réservées au secteur 1 comme au secteur 2 adhérent de l’OPTAM. Le sort des anciens contrats est détaillé dans notre article sur le COSCOM, fermé aux nouvelles adhésions.
Une précision de vocabulaire, puisqu’on lit encore l’ancienne : le sigle est OPTAM-ACO depuis le 22 juin 2024, et non plus OPTAM-CO.
« Ce qui m’inquiète dans ce dossier, ce n’est pas la réforme — c’est le nombre de médecins qui arbitrent leur secteur sur un titre de presse vieux de huit mois. Le tri entre ce qui est voté et ce qui est proposé prend vingt minutes. Le choix de secteur, lui, vous suit toute la carrière. »
Pierre-Emmanuel Hinard — expert-comptable, EPIPHYSE Conseil
Combien coûte réellement le secteur 2
Voici la question que pose tout médecin qui hésite : à revenu identique, combien sépare vraiment les deux secteurs ?
Nous ne publierons pas ici une addition ligne à ligne. Les taux applicables aux praticiens conventionnés ne sont pas des taux plats — la cotisation maladie du secteur 1 est progressive en dessous de trois fois le plafond de la sécurité sociale, et 2026 est précisément l’année où l’assiette sociale des indépendants a été refondue. Un tableau qui donnerait un montant à l’euro près sans exposer chacune de ces conventions de calcul serait faussement précis.
En revanche, un chiffre est publié et vérifiable : celui de la caisse de retraite des médecins. À partir de ses barèmes 2026, sur son seul périmètre, l’écart de cotisations entre les deux secteurs s’établit ainsi :
| Revenu professionnel | Écart de cotisations secteur 1 / secteur 2, périmètre caisse de retraite |
|---|---|
| 60 000 € | 6 724 € |
| 80 000 € | 7 175 € |
| 240 300 € (plafond de la tranche) | 12 933 € |
Tableau établi et tenu à jour par EPIPHYSE Conseil, expert-comptable des professions libérales BNC à Bordeaux et Tours.
Cotisations provisionnelles 2026, calculées sur les revenus 2024. Périmètre de la caisse de retraite uniquement : ces montants n’intègrent ni la cotisation maladie, ni les allocations familiales, ni la contribution assise sur les dépassements — tous postes qui creusent encore l’écart en défaveur du secteur 2.
L’écart complet, tous régimes confondus, se situe donc nettement au-dessus de ces montants. Il dépend de votre spécialité, de votre part réelle de dépassements et de votre structure de charges : c’est un calcul de dossier, pas de barème.
Elle s’est élevée à 11 475 € en moyenne au titre de 2024, toutes spécialités confondues — et encore, sous condition de respecter ses engagements, ce que 53,6 % des adhérents à l’OPTAM et 30,9 % des adhérents à l’OPTAM-ACO ont fait intégralement cette année-là. C’est un produit imposable, non une exonération de charges.
Notre série sur le barème 2026 de la caisse de retraite détaille chaque ligne, secteur par secteur.
Nous reconstituons l’écart complet sur vos hypothèses réelles (honoraires, part de dépassements, charges, tranche marginale) avant que vous n’arbitriez. Prenons trente minutes.
Ce qui n’a pas été voté
Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 comportait un article 26 qui a fait beaucoup de bruit à l’automne 2025. Il transformait la contribution assise sur les dépassements en cotisation, en élargissait l’assiette, et remplaçait le taux « égal à 3,25 % » par un taux « fixé par décret ». Il supprimait aussi le droit d’option permettant à certains médecins de secteur 2 de ne pas relever du régime des praticiens conventionnés.
Cet article a été supprimé. Le rapport de la commission des affaires sociales du Sénat le mentionne sous l’intitulé « Article 26 (supprimé) — Renforcer la taxation des dépassements d’honoraires », en proposant de maintenir cette suppression. La mesure ne figure pas dans la loi promulguée.
Conséquence directe : le taux de la contribution sur les dépassements reste 3,25 %. Si vous lisez un contenu qui annonce une surtaxe, vérifiez sa date — beaucoup de ce qui circule en ligne a été écrit entre octobre et novembre 2025, quand la mesure était encore au texte.
Un avenant n° 1 à la convention a par ailleurs échoué en juin 2026 : dernière séance le 11 juin, refus notifié par les cinq syndicats signataires le 15 juin. Précisons-le, car la confusion serait facile : cet avenant ne portait pas sur les dépassements, mais sur l’imagerie, la consultation ménopause, la régulation de la permanence des soins et la téléconsultation. Il ne dit donc rien du secteur 2 — sinon que le climat conventionnel est tendu, ce qui compte pour la suite.
Ce qui a été voté, et qui vise le secteur 3
Une seule mesure du dossier est devenue du droit : l’article 76 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, promulguée le 30 décembre 2025. À compter du 1er janvier 2027, les produits de santé, actes et prestations prescrits par un médecin non conventionné ne donneront plus lieu à remboursement.
Le secteur 2 est conventionné : il applique la convention et pratique des honoraires différents. Le secteur 3 désigne les médecins qui ont quitté la convention — environ 800 praticiens, selon le rapport de mission remis au Premier ministre en octobre 2025. L’article 76 ne vise que ces derniers.
La mesure a néanmoins un effet indirect à connaître. Le déconventionnement est le réflexe classique en cas de durcissement du cadre. Or la convention de 2024 impose déjà un délai de deux ans avant toute réadhésion, avec retour au secteur d’origine.
Un point mérite d’être dit clairement, parce que l’inverse se lit souvent : sortir de la convention avant le 1er janvier 2027 ne protège de rien. La mesure s’applique à quiconque est non conventionné à cette date, quelle que soit la date de sortie. Il n’y a donc aucune fenêtre à saisir — seulement une décision à chiffrer, au cas par cas.
« Sur les installations que nous accompagnons, l’erreur la plus fréquente n’est pas le mauvais secteur : c’est le dossier envoyé trop tard à la caisse. Un mois de silence et le choix est fait à votre place, sans retour possible. »
Pierre-Emmanuel Hinard — expert-comptable, EPIPHYSE Conseil
Ce qui est seulement proposé : trois scénarios, aucun retenu
Le 9 juin 2026, le Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie a publié un rapport intitulé Trois scénarios pour une réforme des dépassements d’honoraires des médecins. C’est ce document que l’on désigne couramment comme « la réforme du secteur 2 ».
Deux précautions s’imposent. Il s’agit d’une instance consultative placée auprès du ministre : son rapport n’a aucune valeur normative. Et il ne recommande aucun des trois scénarios — il en expose les contours sans rechercher de consensus sur celui à privilégier.
| Scénario | Principe | Qui est touché |
|---|---|---|
| 1. Régulation maximale | Fermeture du secteur 2 aux nouveaux installés et plafonnement progressif des dépassements des médecins déjà en exercice | Le flux et le stock |
| 2. Secteur 2 plus sélectif | Accès réservé aux seuls anciens chefs de clinique-assistants, avec une durée minimale d’expérience ; plafond à 150 % du tarif conventionnel | Le flux seulement |
| 3. Réguler les pratiques | Droit au tarif opposable pour une part de la population sous condition de ressources, puis plafond appliqué acte par acte | Le flux et le stock |
Tableau établi et tenu à jour par EPIPHYSE Conseil, expert-comptable des professions libérales BNC à Bordeaux et Tours.
Le scénario 1 n’est pas écarté par le Haut Conseil, contrairement à ce qu’on lit parfois : il est présenté comme une cible de moyen ou long terme, à mettre en œuvre de façon très graduelle. Ce que le rapport écarte, c’est son application immédiate, dont il chiffre lui-même l’effet : appliqué d’un coup et sans revalorisation tarifaire, il ferait perdre au secteur 2 environ 28 % de ses honoraires, et 95 % des médecins concernés y perdraient.
Le rapport écarte en revanche plusieurs pistes souvent avancées, dont celle que beaucoup supposent : conditionner les dépassements à une installation en zone sous-dense. Son raisonnement, que nous résumons sans le citer, tient en une alternative. Si la mesure ne modifie pas les choix d’installation, elle tend vers une fermeture du secteur 2 ; si elle les modifie, elle déplace les dépassements vers des territoires où les revenus sont plus faibles. Sont écartées de la même manière la contrepartie par critères de qualité, le report sur les complémentaires, et l’espoir d’une baisse spontanée par revalorisation des tarifs.
Une mission remise au Premier ministre en octobre 2025 recommandait par ailleurs de plafonner les dépassements et de rendre l’OPTAM obligatoire pour toute nouvelle inscription en secteur 2. De ses recommandations, une seule est devenue la loi : celle qui vise les prescriptions du secteur 3. Aucune proposition de loi reprenant les autres n’a été déposée.
Quant au rapport de l’Assurance maladie préparant le budget 2027, présenté en juillet 2026, il ne contient aucune proposition sur les dépassements des médecins ni sur le secteur 2. C’est un signal, ce rapport étant le principal intrant du projet de loi de financement.
Le vrai rendez-vous est contractuel, pas législatif
Voici ce qui figure dans la convention elle-même et qu’on lit rarement. L’OPTAM n’est pas un dispositif permanent : la convention le qualifie de transitoire et précise qu’il a vocation à s’appliquer jusqu’à la mise en œuvre de la réforme de la classification commune des actes médicaux.
Plus concret encore : les contrats OPTAM en cours sont des contrats à durée déterminée qui prendront fin à l’entrée en vigueur de la nouvelle nomenclature, pour être remplacés par un dispositif restant à bâtir.
La renégociation des conditions du secteur 2 est donc déjà programmée par contrat, et son déclencheur n’est pas une loi mais un chantier technique.
L’article L. 162-5-13 du code de la sécurité sociale autorise déjà les conventions médicales à prévoir un plafond de dépassement par acte, ou un plafond annuel pour l’ensemble de l’activité. La convention de 2024 n’en comporte aucun. Mais cette voie n’est pas fermée pour autant : une négociation peut être ouverte à tout moment, et elle n’a besoin ni du Parlement, ni d’un calendrier budgétaire. C’est la voie la plus rapide, et c’est celle qu’il faut surveiller.
Comment décider, concrètement
Cinq points qui découlent de ce qui précède.
- Votre antériorité protège votre accès, pas votre liberté tarifaire. Aucun scénario ne ferme rétroactivement le secteur 2 aux médecins déjà installés. Mais deux des trois touchent aussi les praticiens en exercice, par un plafonnement des dépassements. Rien ne justifie de précipiter une installation par crainte d’une fermeture. Rien ne permet non plus de se croire définitivement à l’abri.
- L’OPTAM reste volontaire et résiliable à tout moment. L’adhésion vaut un an par tacite reconduction. Elle se calcule : comparez la prime attendue et le retour aux tarifs du secteur 1 à la perte de liberté tarifaire sur votre volume réel d’actes.
- Un angle mort à vérifier : les médecins titrés installés en secteur 1 avant le 1er janvier 2013 peuvent adhérer à l’OPTAM. Si vous êtes dans ce cas, la question mérite d’être posée à votre caisse.
- Un point fiscal à examiner si vous êtes en secteur 1 : depuis l’imposition des revenus 2023, la suppression de la majoration de 1,25 a rendu sans objet la règle de non-cumul entre la déduction du groupe III et l’abattement de 3 %. Selon votre situation, une réclamation peut être envisageable sur les années non prescrites — l’analyse dépend de votre régime et de vos déclarations passées, à examiner avant tout dépôt. Voir notre guide de l’abattement du médecin conventionné.
- Le déconventionnement se durcit au 1er janvier 2027, sans effet rétroactif. Sortir avant cette date ne protège de rien, et la réadhésion suppose deux ans d’attente avec retour au secteur d’origine.
Le calendrier à surveiller
| Quand | Quoi | Pourquoi ça compte |
|---|---|---|
| Début octobre 2026 (prévisionnel) | Dépôt du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 | C’est le vecteur législatif — le seul qui puisse relever le taux de 3,25 % |
| Fin décembre 2026 (prévisionnel) | Promulgation de cette loi | Le moment où l’on saura ce qui a survécu aux débats |
| 1er janvier 2027 | Entrée en vigueur de l’article 76 | Fin du remboursement des prescriptions du secteur 3 — la seule échéance certaine du dossier |
| Sans date | Ouverture d’une négociation conventionnelle | Un plafonnement des dépassements n’a pas besoin de la loi : il peut arriver par avenant, sans calendrier parlementaire |
| Sans date | Refonte de la nomenclature des actes | Elle mettrait fin aux contrats OPTAM en cours et rouvrirait la négociation du dispositif |
Tableau établi et tenu à jour par EPIPHYSE Conseil, expert-comptable des professions libérales BNC à Bordeaux et Tours.
Les dates de dépôt et de promulgation sont indicatives et dépendent du calendrier parlementaire. Seule celle du 1er janvier 2027 résulte d’un texte publié.
Nous suivons ces échéances pour nos clients médecins et mettrons cet article à jour à chacune d’elles.
Cet article expose l’état du droit à une date donnée et n’a qu’une portée générale d’information. Il ne constitue pas une consultation : chacun des points évoqués dépend de votre titre, de votre spécialité, de votre volume d’actes et de votre situation personnelle. Aucune décision d’installation, de changement de secteur ou de réclamation ne devrait être prise sur sa seule lecture.
Questions fréquentes
Le secteur 2 va-t-il disparaître ?
Aucun texte ne le prévoit. La fermeture aux nouveaux installés figure dans un seul des trois scénarios d’un rapport consultatif de juin 2026, que son auteur ne recommande pas. Attention toutefois à une nuance souvent gommée : deux de ces trois scénarios prévoient aussi de plafonner les dépassements des médecins déjà en exercice. Être installé protège l’accès au secteur, pas la liberté tarifaire future.
Que dois-je envoyer à ma caisse, et dans quel délai ?
Votre choix de secteur doit lui être communiqué dans le mois qui suit votre installation. C’est un formalisme, pas une formalité : à défaut de réponse dans ce délai, vous êtes réputé avoir opté pour les tarifs opposables. Vérifiez auprès de votre caisse la date exacte à laquelle ce délai commence à courir dans votre situation, car elle conditionne tout.
La surtaxe sur les dépassements existe-t-elle ?
Non. Elle figurait à l’article 26 du projet de loi de financement pour 2026, supprimé avant l’adoption du texte. Le taux de la contribution reste fixé à 3,25 %. Un point de repère utile : si un contenu la décrit au présent, il date probablement d’octobre ou novembre 2025.
Je suis en secteur 3 : suis-je concerné par le 1er janvier 2027 ?
Oui, et sans échappatoire calendaire. La mesure vise quiconque est non conventionné à cette date, quelle que soit la date à laquelle il a quitté la convention. Se déconventionner avant ne change donc rien. À l’inverse, revenir dans la convention suppose deux ans d’attente et un retour au secteur d’origine.
L’OPTAM va-t-il devenir obligatoire ?
Aucun texte ne le prévoit. Une mission remise au Premier ministre l’a recommandé en octobre 2025, sans suite législative. Un autre point mérite plus d’attention : la convention qualifie l’OPTAM de dispositif transitoire et fait des contrats en cours des contrats à durée déterminée, qui s’éteindront avec la nouvelle nomenclature des actes.
J’exerce en secteur 1 depuis longtemps : puis-je adhérer à l’OPTAM ?
C’est possible si vous détenez l’un des titres ouvrant l’accès au secteur 2 et que vous vous êtes installé en secteur 1 avant le 1er janvier 2013. Cette dérogation est peu connue et rarement activée. Elle se vérifie au cas par cas auprès de votre caisse.
Où se joue vraiment l’avenir du secteur 2 ?
Pas nécessairement au Parlement. Le code de la sécurité sociale autorise déjà les conventions médicales à plafonner les dépassements, par acte ou en montant annuel. Un plafonnement peut donc arriver par avenant conventionnel, sans loi ni calendrier budgétaire. C’est la voie la plus rapide, et la moins commentée.
EPIPHYSE Conseil, expert-comptable des médecins libéraux à Bordeaux et à Tours, reconstitue l’écart complet entre les deux secteurs sur vos hypothèses réelles, vérifie votre éligibilité aux titres et à l’OPTAM, et cale le calendrier d’installation, à commencer par ce délai d’un mois. Parlons de votre projet.
- Légifrance — arrêté du 20 juin 2024 portant approbation de la convention nationale des médecins libéraux (JO du 21 juin 2024)
- Légifrance — article 76 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026
- Sénat — rapport de la commission des affaires sociales sur le PLFSS 2026, examen des articles (n° 131, tome II) : « Article 26 (supprimé) »
- HCAAM — « Trois scénarios pour une réforme des dépassements d’honoraires des médecins », rapport adopté le 9 juin 2026
- HCAAM — « Les dépassements d’honoraires des médecins : état des lieux », octobre 2025 (PDF)
- Légifrance — article L. 162-5-13 du code de la sécurité sociale (plafonnement possible par voie conventionnelle)
- Légifrance — article R. 4127-53 du code de la santé publique (honoraires fixés avec tact et mesure)
- ameli.fr — Le conventionnement avec l’Assurance Maladie (espace Médecin)
- ameli.fr — La maîtrise des dépassements d’honoraires : l’OPTAM et l’OPTAM-ACO
- ameli.fr — Des aides en faveur de l’exercice en zone sous-dense rénovées
- Urssaf — Les cotisations d’un médecin de secteur 1
- Urssaf — Les cotisations d’un médecin de secteur 2
- CARMF — Vos cotisations en cours d’activité, barème 2026
- BOFiP — BNC, régimes sectoriels : médecins conventionnés (BOI-BNC-SECT-40)
- Assurance Maladie — rapport Charges et produits, propositions pour 2027, juillet 2026 (PDF)
