Pierre-Emmanuel Hinard
Pierre-Emmanuel HinardVotre expert-comptable dédié
Expertise · Structures & sociétés

SELARL, SELAS : la société d’exercice libéralNous chiffrons l’intérêt réel du passage en société, le pilotons dans la durée et sécurisons vos arbitrages, depuis Bordeaux, Tours et à distance.

La société d’exercice libéral permet d’exercer une profession réglementée (médecin, chirurgien-dentiste, avocat, kinésithérapeute) sous la forme d’une société de capitaux soumise à l’impôt sur les sociétés. Elle sépare le revenu que vous prélevez du bénéfice que vous laissez dans la structure. Bien calibrée, elle finance un projet ; mal calibrée, elle coûte plus qu’elle ne rapporte.

Premier échange →
15 %d’IS jusqu’à 42 500 € de bénéfice
31,4 %de flat tax sur les dividendes en 2026
> 50 %du capital aux professionnels exerçant
100–130 k€de bénéfice : la zone de bascule
Ce qu’est une SEL

Une société de capitaux pour une profession réglementée

Votre ordre professionnel vous interdit d’exercer sous n’importe quelle forme sociale. La société d’exercice libéral, créée par la loi du 31 décembre 1990, est la réponse : elle emprunte le costume juridique des sociétés commerciales (SARL, SAS, SA) tout en respectant les règles déontologiques de votre profession. Vous devenez associé d’une structure qui encaisse les honoraires, supporte les charges et vous verse une rémunération.

Le cadre a été entièrement refondu par l’ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023, applicable depuis le 1er septembre 2024. Règle structurante : plus de la moitié du capital et des droits de vote doit être détenue, directement ou via une holding SPFPL, par des professionnels exerçant au sein de la société, sous réserve des règles propres à chaque famille de professions.

Les quatre formes de SEL
SELARL
la plus répandue
Équivalent SARL. Gérant majoritaire au régime des travailleurs non salariés. Possible à associé unique.
SELAS
souplesse statutaire
Équivalent SAS. Président assimilé salarié, statuts très libres. Possible à associé unique.
SELAFA
rare
Équivalent SA, réservée aux structures de grande taille.
SELCA
très rare
Commandite par actions, usage marginal.
En pratique, le choix se joue entre SELARL et SELAS
La SCM ne partage que des moyens (locaux, matériel, secrétariat) et chacun garde ses honoraires ; voyez notre page dédiée. La SCP met en commun les honoraires de professionnels d’une même profession, à l’impôt sur le revenu. La SEL va plus loin : elle exerce l’activité, encaisse les honoraires et relève de l’impôt sur les sociétés. Beaucoup de configurations combinent une SEL pour l’exercice et une SCM pour les moyens partagés. Nous dessinons l’architecture qui correspond à votre projet, sans empiler des structures inutiles.
Fiscalité

L’impôt sur les sociétés change toute la mécanique

En exercice individuel, la totalité de votre bénéfice est imposée à votre nom, qu’elle finisse ou non sur votre compte personnel. En SEL, le bénéfice est d’abord taxé chez la société : 15 % jusqu’à 42 500 €, puis 25 % au-delà. Vous n’êtes imposé personnellement que sur ce que vous prélevez réellement.

C’est là que naît le gain. Et le piège. Ce que vous sortez sous forme de dividendes subit la flat tax, portée à 31,4 % depuis janvier 2026 par la hausse de CSG. Et la fraction de dividendes qui dépasse 10 % du capital, des primes d’émission et des comptes courants d’associé est réintégrée dans l’assiette de vos cotisations sociales. L’arbitrage rémunération-dividendes ne se devine pas : il se calcule, chaque année.

Le trajet d’un euro de bénéfice
Bénéfice réalisé par la SEL100 €
− Impôt sur les sociétés (taux réduit)− 15 €
Résultat distribuable85 €
− Flat tax si distribution intégrale− 26,69 €
Net dans votre poche58,31 €
Sortir 100 % chaque année, c’est perdre l’intérêt de la SEL : elle sert d’abord à ne pas tout sortir
Il n’existe pas de règle universelle. La rémunération est déductible du résultat de la SEL, ouvre des droits à la retraite et à la prévoyance, mais supporte les cotisations. Le dividende échappe aux cotisations sous le seuil de 10 % du capital, des primes et des comptes courants, mais il est prélevé après l’impôt sur les sociétés et supporte une flat tax de 31,4 % depuis 2026. Le point d’équilibre dépend de votre tranche d’imposition, de vos besoins de trésorerie personnelle et de vos projets. Nous le recalculons chaque année, avant la clôture, pas après.
Réforme 2024

Votre rémunération d’associé est désormais imposée en BNC

C’est le changement le plus mal connu des associés de SEL. Depuis le 1er janvier 2024, la rémunération que la société vous verse au titre de votre activité de soin ou de conseil n’est plus un salaire : elle relève des bénéfices non commerciaux. Vous déposez donc votre propre déclaration 2035, ou vous optez pour le micro-BNC si vous êtes sous le seuil.

Deuxième secousse : la tolérance qui permettait d’affecter forfaitairement 5 % de la rémunération au mandat social a été annulée par le Conseil d’État le 8 avril 2025. La ventilation entre activité technique et fonctions de direction doit désormais être justifiée, pièces à l’appui. Nous détaillons tout le mode d’emploi dans notre article dédié. La réforme touche aussi bien les médecins que l’ensemble des professions libérales réglementées que nous accompagnons.

Ce que nous prenons en charge
  • Comptabilité et liasse fiscale de la SEL
  • Votre déclaration 2035 personnelle d’associé
  • Arbitrage micro-BNC ou déclaration contrôlée
  • Ventilation justifiée mandat social / activité technique
  • Honoraires en compte 622 et déclaration DAS2
  • Suivi des cotisations et de la CSG déductible
La société de participations financières de professions libérales est une holding dont l’objet se limite à détenir des titres de SEL de la même profession, et elle n’exerce jamais l’activité elle-même. Elle sert principalement à financer un rachat de parts avec des dividendes faiblement taxés, à organiser une association progressive ou à préparer une transmission. Elle ajoute une strate de complexité et des obligations déclaratives propres : elle ne se justifie que par une opération précise, jamais par principe.
Faut-il y passer

La SEL n’est pas une fin en soi : c’est un outil de projet

On lit partout qu’il faudrait basculer dès 70 000 € de bénéfice. C’est faux, et coûteux. En pratique, l’intérêt devient réel entre 100 000 et 130 000 € de bénéfice stabilisé, sur un horizon d’au moins huit ans : le temps d’amortir les frais de constitution, la complexité comptable et le coût de sortie.

Surtout, la vraie question n’est pas le montant, mais l’usage : la SEL prend tout son sens quand elle finance un projet : acquisition de parts, immobilier professionnel, constitution d’un capital, préparation de la transmission. Sans projet, laisser du bénéfice dans la société revient souvent à décaler l’impôt sans jamais l’effacer. Nous chiffrons les deux scénarios avant de vous conseiller, et nous savons dire non. Voyez aussi quand et pourquoi y passer.

Notre méthode de décision
  • Simulation chiffrée individuel contre SEL, sur 8 ans
  • Coût de sortie de l’exercice individuel calculé d’abord
  • Arbitrage rémunération / dividendes année par année
  • Choix de la forme : SELARL ou SELAS
  • Opportunité d’une holding SPFPL
  • Impact sur la retraite et la prévoyance
Céder les titres d’une SEL n’a rien à voir avec céder un cabinet individuel. Vous relevez du régime des plus-values des particuliers, et non des régimes d’exonération des plus-values professionnelles que nous détaillons dans notre série dédiée. L’abattement fixe de 500 000 € pour départ à la retraite, prorogé jusqu’à fin 2031, obéit à ses propres conditions de durée de détention, de cessation de fonctions et de liquidation des droits. Le chiffrage se fait plusieurs années avant la vente, au moment où les leviers existent encore.
Avant de vous décider

Quatre points que l’on découvre souvent trop tard

Ce sont les questions qui reviennent en fin de rendez-vous, et celles qui changent parfois la décision.

Rester en individuel, mais à l’impôt sur les sociétés

Depuis 2022, un entrepreneur individuel peut opter pour l’impôt sur les sociétés sans créer de société, par assimilation à une EURL (article 1655 sexies du CGI). Vous retrouvez le taux réduit, l’arbitrage rémunération-dividendes et la mise en réserve, sans statuts, sans capital et sans assemblée générale. C’est presque toujours l’hypothèse à chiffrer avant d’envisager une SEL.

Le sort de votre clientèle

Passer en société suppose de transférer votre patientèle ou votre clientèle à la SEL. Deux voies existent : la vente, qui déclenche immédiatement une plus-value professionnelle, ou l’apport, qui ouvre droit à un report d’imposition (article 151 octies du CGI). Le choix engage votre fiscalité personnelle et la trésorerie de la société ; nous le chiffrons dans les deux cas.

La responsabilité n’est pas diluée

La SEL limite votre risque financier sur les dettes de la société, mais elle ne met pas votre patrimoine à l’abri de vos actes professionnels : chaque associé en répond sur l’ensemble de ses biens, la société étant solidairement responsable avec lui. L’assurance de responsabilité civile professionnelle reste donc pleinement nécessaire.

La TVA ne change pas de camp

Le passage en société ne modifie pas le régime de TVA de votre activité. Les actes de soins dispensés par les professions de santé réglementées restent exonérés au titre de l’article 261-4-1° du CGI, et les professions déjà assujetties, comme les avocats, le demeurent au niveau de la SEL.

Mises à jour 2026

Ce qui a changé récemment pour les SEL

Quatre évolutions qui modifient concrètement vos arbitrages, et que beaucoup de cabinets n’ont pas encore intégrées.

L’ordonnance du 8 février 2023 a refondu l’ensemble du droit des sociétés d’exercice libéral : architecture unifiée, règles de détention du capital clarifiées, obligations d’information renforcées envers l’ordre professionnel. Les statuts rédigés avant cette date méritent une relecture.

Imposition en BNC depuis 2024, puis annulation par le Conseil d’État, le 8 avril 2025, du forfait de 5 % affecté au mandat social. Chaque associé doit désormais documenter la répartition entre son activité libérale et ses fonctions de direction. Le déclaratif de la SEL change aussi : honoraires en compte 622 et DAS2.

La hausse de CSG portée par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 fait passer les prélèvements sociaux sur les dividendes de 17,2 % à 18,6 %, soit une flat tax de 31,4 %. Combinée à la réintégration sociale au-delà de 10 % du capital, elle rend le calcul rémunération-dividendes plus serré qu’avant.

La cession de vos titres de SEL relève du régime des plus-values des particuliers. L’abattement de 500 000 € pour les dirigeants partant à la retraite a été prorogé jusqu’au 31 décembre 2031 par la loi de finances pour 2026 : un paramètre à intégrer très en amont dans le calendrier de cession.

ALICEA — EPIPHYSE Conseil
124 000 €Résultat SEL 2026↑ +8 %
72 000 €Rémunération optimale● Arbitrage
18 400 €Impôt à provisionner↑ suivi
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ALICEA — le cockpit de votre société d’exercice.

ALICEA suit en continu le résultat de votre SEL, le point d’équilibre entre rémunération et dividendes, la trésorerie disponible et l’impôt à provisionner. Vous arbitrez sur des chiffres à jour, pas sur une intuition de fin d’exercice.

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La différence

Pourquoi confier votre SEL à un cabinet spécialisé libéral

Un cabinet comptable généraliste

  • Applique les recettes des sociétés commerciales
  • Pousse au passage en société sans chiffrer le coût de sortie
  • Ignore encore l’imposition en BNC de la rémunération d’associé
  • Reconduit l’arbitrage rémunération-dividendes d’une année sur l’autre
  • Découvre la réintégration sociale des dividendes en fin d’exercice
  • Ne relit pas les statuts au regard des règles ordinales

EPIPHYSE Conseil

  • Cabinet dédié aux seules professions libérales
  • Chiffre l’intérêt réel du passage en SEL, et sait vous en dissuader
  • Maîtrise la déclaration 2035 de l’associé et la ventilation du mandat
  • Recalcule l’arbitrage chaque année, projet par projet
  • Anticipe la réintégration au-delà de 10 % du capital
  • Pilotage en continu via ALICEA, le logiciel développé par le cabinet
Questions fréquentes

Vos questions sur la SELARL et la SELAS

La société d’exercice libéral permet d’exercer une profession libérale réglementée sous la forme d’une société de capitaux soumise à l’impôt sur les sociétés. Elle existe en quatre déclinaisons (SELARL, SELAS, SELAFA, SELCA) dont les deux premières concentrent l’essentiel des créations.

La SELARL place le gérant majoritaire au régime des travailleurs non salariés, avec des cotisations plus faibles mais une protection sociale plus légère. La SELAS assimile le président à un salarié : couverture renforcée, coût plus élevé. Le choix dépend de votre niveau de rémunération, de votre protection existante et de la souplesse statutaire recherchée.

En pratique entre 100 000 et 130 000 € de bénéfice stabilisé, sur un horizon d’au moins huit ans. Le seuil de 70 000 € souvent cité est trompeur : il ignore le coût de sortie de l’exercice individuel, les frais de structure et la complexité déclarative. Et sans projet à financer, l’intérêt reste théorique.

Depuis le 1er janvier 2024, en bénéfices non commerciaux, et non plus en salaires. Vous déposez votre propre déclaration 2035, ou relevez du micro-BNC sous le seuil. Seule la part correspondant à un mandat social réel suit un autre régime, et elle doit être justifiée depuis l’annulation de la tolérance des 5 % en avril 2025.

Pour partie. La fraction de dividendes qui excède 10 % du total formé par le capital social, les primes d’émission et les sommes en compte courant d’associé est réintégrée dans l’assiette des cotisations des travailleurs non salariés. En dessous de ce seuil, les dividendes supportent la flat tax, portée à 31,4 % en 2026.

Vous cédez vos titres, et la plus-value relève du régime des particuliers, et non des régimes d’exonération des plus-values professionnelles. L’abattement de 500 000 € réservé aux dirigeants partant à la retraite s’applique sous conditions, et a été prorogé jusqu’au 31 décembre 2031. Le calendrier se prépare plusieurs années à l’avance.

Faut-il passer votre cabinet en SEL ?

Un rendez-vous de 30 minutes, offert, pour chiffrer le passage en société, l’arbitrage rémunération-dividendes et le coût de sortie. À Bordeaux, à Tours ou en visio.

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