Le médecin face à la CARMF (4/4) : calendrier, paiement et majorations
Mis à jour le 13 août 2026 · 9 min de lecture · Professions libérales BNC
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Bien calculer ses cotisations ne sert à rien si on les paie mal. La CARMF appelle vos cotisations en deux fois, à des dates fixes, avec des majorations qui courent dès le lendemain de l’échéance et une chaîne de recouvrement qui peut aller jusqu’à l’huissier. Voici le calendrier 2026, les moyens de paiement, et ce qui se passe exactement quand la trésorerie ne suit pas.

Deux appels par an : l’acompte de janvier, le solde de l’été

Les cotisations CARMF sont exigibles annuellement et d’avance, mais réglées en deux temps :

  • un acompte, appelé en janvier, à régler pour le 28 février 2026 ;
  • un solde, appelé en mai, juin ou juillet selon la réception de votre déclaration de revenus, à régler pour le 31 août 2026.

Chaque appel doit être honoré dans les trente jours. L’acompte de janvier reprend, pour chacun de ses deux prélèvements, un douzième de la cotisation de l’année précédente ; le solde ajuste ensuite sur vos revenus réels, une fois la déclaration intégrée.

Tout passe par le numérique : déclaration unique et paiement dématérialisé

Depuis l’article L.613-2 du code de la Sécurité sociale, déclaration et paiement sont obligatoirement dématérialisés. Une seule déclaration sociale, sur impots.gouv.fr, alimente l’ensemble de vos cotisations : la CARMF en récupère automatiquement les éléments. En face, le règlement se fait en ligne depuis votre espace eCARMF. Conséquence directe : le chèque n’est plus accepté pour payer vos cotisations, et manquer à l’obligation de dématérialisation déclenche des majorations.

La mensualisation du 5 : lisser l’année (et ses trois faux pas)

Pour lisser l’effort plutôt que de subir deux gros appels, la mensualisation est la formule la plus confortable : les prélèvements tombent le 5 de chaque mois, de janvier à décembre. La première année, ils portent sur les mois restant à courir jusqu’au 5 décembre.

La demande se fait via eCARMF ou par courriel au service comptabilité. Un point pratique : si votre demande parvient après le 10 du mois, l’échéancier démarre le mois suivant. Et un point de vigilance : trois prélèvements impayés dans l’année vous font perdre le bénéfice de la mensualisation, avec retour aux appels semestriels. Le TIP, titre interbancaire de paiement, reste une alternative simple, débitée à réception.

Provisionner plutôt que subir : le réflexe du compte dédié

Le calendrier de la CARMF a une conséquence que beaucoup de médecins découvrent trop tard : les cotisations d’une année sont appelées d’avance, sur la base de revenus anciens, puis régularisées quand le revenu réel est connu. Tant que l’activité progresse, chaque année cumule l’appel courant et le rattrapage de l’année précédente. Sans réserve constituée, ce cumul se transforme en tension de trésorerie récurrente — et c’est lui, bien plus que le montant lui-même, qui met les cabinets en difficulté.

La parade est comptable, pas juridique : provisionner les cotisations au fil de l’eau, idéalement sur un compte dédié, plutôt que de les régler sur la trésorerie du moment. La bonne base n’est pas la cotisation de l’an dernier, mais une estimation de la cotisation définitive de l’année en cours, calculée sur votre résultat réel. C’est précisément ce que fait notre simulateur de cotisations : il part de votre résultat pour donner le montant annuel à mettre de côté, secteur par secteur. Divisé par douze, il devient votre virement mensuel de provision — et l’appel de la CARMF n’est plus qu’un transfert entre deux comptes.

Pierre-Emmanuel Hinard

« Une majoration CARMF, ce n’est pas seulement 5 %. C’est 5 % non déductibles, sur une cotisation qui, elle, l’aurait été. Le vrai coût d’un retard est presque toujours le double de ce qu’affiche l’appel — et c’est pour ça qu’on provisionne, même quand la trésorerie est tendue. »

Pierre-Emmanuel Hinard — expert-comptable, EPIPHYSE Conseil

Payer en retard : le barème des majorations

Tout versement effectué en retard est passible de majorations, et elles ne sont pas anodines. Le mécanisme diffère selon le régime :

  • régime de base : 5 % du montant non versé, puis 0,2 % par mois écoulé ;
  • autres régimes : 0,2 % par mois échu.

Les dates de départ pour 2026 :

ÉchéanceRégime de baseAutres régimes
Acompte — limite 28 février 20261er mars 20261er avril 2026
Solde — limite 31 août 20261er septembre 20261er octobre 2026

Tableau établi et tenu à jour par EPIPHYSE Conseil, expert-comptable des professions libérales BNC à Bordeaux et Tours.

Autrement dit, sur l’acompte du régime de base, la pénalité de 5 % s’applique dès le 1er mars. Les médecins ayant réglé le principal de leurs cotisations peuvent ensuite demander, par écrit, une réduction de ces majorations à la commission de recours amiable, en justifiant de leur bonne foi — plus de trois enfants à charge, problèmes de santé, changement de situation économique, régularisation importante.

Quand la trésorerie coince : échéancier, recours amiable, ce qu’il ne faut pas faire

En cas de baisse d’activité, mieux vaut agir avant l’incident de paiement. Le service recouvrement peut accorder un échéancier de 12 à 24 mois, majorations décomptées ; pour les cotisations 2026, la dernière échéance interviendra au plus tard en décembre 2027. Cette facilité ne s’obtient pas plus de deux fois consécutives. Une fois la dette soldée, la commission de recours amiable peut être saisie pour remettre tout ou partie des majorations.

Un réflexe à adopter, un à éviter : la demande se fait par courrier circonstancié exposant les difficultés, adressé au service recouvrement — pas par téléphone. Et si la baisse de revenus est durable plutôt que passagère, la bonne réponse n’est pas l’échéancier mais les dispenses et réductions de cotisations, qui s’attaquent au montant lui-même.

Ce qui arrive si on laisse filer : mise en demeure, contrainte, déchéance

Laisser filer coûte cher, et de plus en plus. La CARMF est tenue d’appliquer les règles du code de la Sécurité sociale : après les rappels, une mise en demeure en recommandé vous accorde un mois pour régulariser (contestable dans les deux mois devant la commission de recours amiable). Sans réaction, la caisse engage une contrainte par huissier : les frais sont à votre charge, l’acte a les effets d’un jugement et permet l’inscription d’une hypothèque judiciaire. Le défaut de paiement peut même conduire devant le tribunal de police.

Deux conséquences moins visibles mais lourdes. D’abord, un impayé à l’échéance peut vous faire perdre la couverture invalidité-décès — votre prévoyance. Ensuite, la déchéance des cinq ans : les cotisations de retraite complémentaire et d’ASV versées plus de cinq ans après leur mise en demeure ne sont pas prises en compte pour le calcul de vos allocations. Payer très tard revient alors à payer pour rien.

Le volet fiscal : ce que vous récupérez, et ce que vous ne récupérez pas

Terminons par la bonne nouvelle. Vos cotisations obligatoires — régime de base, complémentaire, ASV, invalidité-décès — sont intégralement déductibles de votre bénéfice imposable au titre de l’article 154 bis du CGI, comme le sont les rachats de cotisations et les versements sur un PER. Une exception à mémoriser : les majorations de retard ne sont pas déductibles. Une pénalité vous coûte donc deux fois — son montant, et l’impôt que vous auriez économisé sur une cotisation payée à temps.

Dernier réflexe utile : l’attestation de paiement figure sur l’appel de janvier et se télécharge dans votre espace eCARMF. Elle est réclamée par la CAF, les assureurs ou les gestionnaires de plans d’épargne retraite : gardez-la à portée. Pour anticiper ces échéances sur votre propre situation, notre simulateur de cotisations vous donne le montant à provisionner, et le volet sur la première installation détaille le report réservé aux jeunes installés.

Questions fréquentes

Quand faut-il payer ses cotisations CARMF en 2026 ?

En deux fois : l’acompte appelé en janvier est à régler pour le 28 février 2026, le solde pour le 31 août 2026. Chaque appel doit être honoré dans les trente jours. La mensualisation, prélevée le 5 de chaque mois, permet d’étaler ces montants sur toute l’année.

Quelles sont les majorations de retard de la CARMF ?

Au régime de base, 5 % du montant non versé puis 0,2 % par mois écoulé ; pour les autres régimes, 0,2 % par mois échu. Sur l’acompte, ces majorations courent dès le 1er mars 2026 pour le régime de base. Après paiement du principal, une réduction peut être demandée à la commission de recours amiable.

Que se passe-t-il si je ne paie pas mes cotisations CARMF ?

La caisse envoie une mise en demeure, qui accorde un mois pour régulariser, puis engage une contrainte par huissier dont les frais sont à votre charge. Un impayé peut vous faire perdre la couverture invalidité-décès, et les cotisations de retraite versées plus de cinq ans après leur mise en demeure ne comptent plus pour vos allocations.

Les cotisations CARMF sont-elles déductibles des impôts ?

Oui : les cotisations obligatoires et les rachats sont intégralement déductibles du bénéfice imposable au titre de l’article 154 bis du CGI, tout comme les versements sur un PER. En revanche, les majorations de retard ne sont pas déductibles — un retard coûte donc son montant et l’économie d’impôt perdue.

Ne subissez plus les appels

Provisionner l’acompte et le solde, choisir la mensualisation, anticiper une baisse d’activité : la trésorerie des cotisations se pilote. EPIPHYSE Conseil, expert-comptable des médecins, cale ce calendrier sur votre activité réelle. Parlons-en.