La CARCDSF appelle quatre cotisations, dont deux ne dépendent pas du tout de vos revenus. C’est ce qui explique un résultat que personne n’anticipe : le taux d’effort est le plus lourd sur les revenus les plus faibles. Une sage-femme qui déclare 15 000 € verse 36 % de son revenu à la caisse, quand un chirurgien-dentiste à 200 000 € en verse 17 %. Face à cette pente, la caisse a prévu cinq portes de sortie : le début d’activité, les revenus faibles, la maternité, la maladie et la situation d’infortune. Aucune ne s’ouvre toute seule, chacune se demande, et deux d’entre elles ont un délai. Voici le barème 2026 complet, et ce à quoi vous pouvez prétendre.
Quatre cotisations, deux professions, un seul appel
Chirurgiens-dentistes et sages-femmes libéraux dépendent de la même caisse, la Caisse autonome de retraite des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes. Ils reçoivent un appel unique, qui additionne quatre régimes de nature très différente.
| Régime | Nature | Commun aux deux professions ? |
|---|---|---|
| Base (RBL) | Proportionnel aux revenus, deux tranches | Oui, barème identique |
| Complémentaire (RC) | Un forfait fixe, plus une part proportionnelle | Oui, barème identique |
| Prestations complémentaires vieillesse (PCV) | Réservé aux praticiens conventionnés, cofinancé par l’Assurance maladie | Non, deux barèmes distincts |
| Invalidité-décès (RID) | Forfait fixe de prévoyance | Non, deux montants distincts |
Tableau établi et tenu à jour par EPIPHYSE Conseil, expert-comptable des professions libérales BNC à Bordeaux et Tours.
Cette répartition mérite d’être notée, parce qu’elle est contre-intuitive. Le régime complémentaire, qui est de loin le plus cher, est le même pour une sage-femme et pour un chirurgien-dentiste, forfait compris. Ce sont les deux petits régimes, la PCV et l’invalidité-décès, qui distinguent les professions.
Ce que cet article ne couvre pas. La CARCDSF n’encaisse que la retraite et la prévoyance. L’URSSAF appelle à part la maladie, les allocations familiales, la CSG et la CRDS. Pour une vision globale de vos charges, passez par notre simulateur de cotisations sociales.
Le régime de base : le seul étage vraiment proportionnel
Le régime de base des libéraux est géré par la CARCDSF pour le compte de la CNAVPL. Il se calcule sur vos revenus non salariés de 2025, en deux tranches qui se cumulent :
- Tranche 1 : 8,73 % des revenus, dans la limite d’un plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 48 060 € en 2026 ;
- Tranche 2 : 1,87 % des revenus compris entre 0 et cinq fois ce plafond, soit jusqu’à 240 300 €.
La tranche 2 porte bien sur la totalité du revenu, et non sur la seule fraction au-delà du plafond. Un praticien qui déclare 90 000 € paie donc 8,73 % sur les 48 060 premiers euros et 1,87 % sur la totalité des 90 000 €, soit 5 879 € au total.
Deux bornes encadrent ce calcul. En bas, une cotisation minimale de 573 €, assise sur 450 fois le SMIC horaire (450 × 12,02 €, soit 5 409 €) : elle est due même sans revenu, et valide trois trimestres de retraite. En haut, l’assiette s’arrête à 240 300 €.
Le piège de la première année incomplète. Si votre affiliation a duré moins de quatre trimestres, vos revenus sont rapportés à l’année entière pour calculer la cotisation. La caisse en donne l’exemple : affilié au 1er juillet 2025 avec 30 000 € déclarés, votre cotisation 2026 est assise sur 60 000 €. La conséquence est contre-intuitive et coûteuse : un revenu réel de 30 000 € vous placerait sous le seuil de la réduction pour revenus faibles, mais l’assiette annualisée de 60 000 € vous en exclut.
Le piège de la non-déclaration. Faute de déclaration de revenus, la caisse applique une taxation d’office : vos cotisations sont calculées sur cinq fois le plafond, soit 240 300 €, et le régime de base est majoré de 5 %. La rectification reste possible sur justificatifs fiscaux, mais l’appel part au maximum entre-temps, et la trésorerie encaisse.
Le régime complémentaire : le gros morceau
C’est le régime propre à la caisse, celui dont le conseil d’administration fixe les paramètres. Il combine deux éléments :
- une cotisation forfaitaire de 3 210,60 € en 2026, due quel que soit le revenu ;
- une cotisation proportionnelle de 11,35 % sur la fraction de revenus 2025 comprise entre 0,65 et 5 fois le plafond, soit entre 31 239 € et 240 300 €.
Le forfait est l’élément qui déforme tout. À 15 000 € de revenu, il représente à lui seul plus d’un cinquième de ce que vous gagnez, avant même que la part proportionnelle ne se déclenche. Et elle ne se déclenche qu’au-delà de 31 239 €.
La réduction pour revenus faibles
La caisse prévoit précisément ce cas. Les affiliés dont les revenus nets 2025 sont inférieurs à 65 % du plafond, soit 31 239 €, peuvent obtenir une réduction du forfait. Le mécanisme n’est pas un pourcentage arbitraire, c’est un rapport : le coefficient de réduction est égal à vos revenus divisés par 31 239.
Un revenu de 15 000 € donne un coefficient de 0,48, donc un forfait ramené de 3 210,60 € à 1 542 €. Voici ce que la demande rapporte, à quelques niveaux de revenus :
| Revenus 2025 | Coefficient | Forfait réduit | Économie |
|---|---|---|---|
| 10 000 € | 0,320 | 1 028 € | 2 183 € |
| 15 000 € | 0,480 | 1 542 € | 1 669 € |
| 20 000 € | 0,640 | 2 056 € | 1 155 € |
| 25 000 € | 0,800 | 2 569 € | 641 € |
| 30 000 € | 0,960 | 3 083 € | 127 € |
Tableau établi et tenu à jour par EPIPHYSE Conseil, expert-comptable des professions libérales BNC à Bordeaux et Tours.
La demande s’accompagne d’une copie de la déclaration fiscale 2025 (2042 C, 2035 ou 2065 et leurs annexes). Un point que la caisse énonce sans détour, et qu’il faut avoir en tête : « les droits sont réduits à due concurrence du montant de la réduction ». Vous payez moins, vous acquérez moins. Sur une année isolée l’arbitrage est simple ; répété cinq ans, il se voit à la liquidation.
Ce n’est d’ailleurs pas le seul dispositif. La caisse en publie cinq, que nous reprenons plus bas un par un.
« Le réflexe est de regarder le taux. Sur cette caisse, c’est le forfait qu’il faut regarder : il ne bouge pas, alors que tout le reste bouge avec vos revenus. »
Pierre-Emmanuel Hinard — expert-comptable, EPIPHYSE Conseil
La PCV : là où les deux professions divergent vraiment
Les prestations complémentaires de vieillesse ne concernent que les praticiens conventionnés, et sont financées aux deux tiers par l’Assurance maladie. C’est le régime qui sépare le plus nettement les deux professions.
Chirurgien-dentiste
La cotisation se compose d’un forfait de 1 663,60 € et d’une part proportionnelle de 0,725 % des revenus 2025, dans la limite de 240 300 €. En face, l’Assurance maladie verse 3 327,20 €, soit exactement le double du forfait payé par le praticien, plus une part proportionnelle de même taux.
Une dispense est possible si les revenus 2025 ne dépassent pas 500 C, soit 11 500 €. Elle mérite réflexion : la caisse précise que la dispense entraîne l’annulation des droits pour l’année, et que les points non cotisés ne sont pas rachetables. Ce qui est économisé une fois est perdu définitivement.
Sage-femme
Le montant est forfaitaire et sans commune mesure : 780 € au total, dont un tiers seulement à votre charge, soit 260 €. Les 520 € restants sont pris en charge par les caisses primaires d’assurance maladie. Une dispense existe également, pour des revenus très bas, avec la même conséquence sur les points.
L’invalidité-décès : deux forfaits, et une idée fausse à écarter
Ce régime de prévoyance est appelé au forfait, et l’écart entre les deux professions y est frappant.
| Profession | Cotisation 2026 | Ce que publie la caisse |
|---|---|---|
| Chirurgien-dentiste | 1 235 € | 394 € d’invalidité-décès, 841 € d’indemnités journalières |
| Sage-femme | 384 € | Un montant global, sans décomposition |
Tableau établi et tenu à jour par EPIPHYSE Conseil, expert-comptable des professions libérales BNC à Bordeaux et Tours.
L’absence de décomposition dans l’appel de la sage-femme se lit facilement de travers. Elle ne signifie pas qu’elle n’est pas couverte en cas d’arrêt de travail. Les deux professions ouvrent droit aux indemnités journalières de la caisse, à compter du 91e jour d’incapacité. C’est le niveau qui diffère, et nettement :
- chirurgien-dentiste : 113,22 € par jour, soit 41 325,30 € sur 365 jours ;
- sage-femme : 49,70 € par jour, soit 18 140,50 € sur 365 jours.
Le versement s’arrête au bout de trois ans, continus ou cumulés. Une règle joue en faveur des sages-femmes : en cas de nouvel arrêt pour la même pathologie moins d’un an après, les indemnités reprennent dès le premier jour, sans nouveau délai d’attente.
Le calcul à faire avant de souscrire une prévoyance. Votre couverture a deux étages : l’Assurance maladie indemnise du 4e au 90e jour, la CARCDSF prend le relais à partir du 91e. Un contrat souscrit sans tenir compte de ces deux étages vous fait payer deux fois la même garantie. Les garanties invalidité et décès diffèrent elles aussi entre les deux professions : demandez le détail à la caisse avant de compléter.
Ce que ça donne sur vos chiffres
Les tableaux ci-dessous additionnent les quatre régimes, sans réduction ni dispense, sur la base du barème 2026 appliqué à des revenus 2025. Ils ne comprennent pas les cotisations URSSAF.
Chirurgien-dentiste conventionné
| Revenus | Base | Complémentaire | PCV | Inval.-décès | Total | Taux |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 50 000 € | 5 131 € | 5 340 € | 2 026 € | 1 235 € | 13 732 € | 27,5 % |
| 70 000 € | 5 505 € | 7 610 € | 2 171 € | 1 235 € | 16 521 € | 23,6 % |
| 90 000 € | 5 879 € | 9 880 € | 2 316 € | 1 235 € | 19 310 € | 21,5 % |
| 120 000 € | 6 440 € | 13 285 € | 2 534 € | 1 235 € | 23 494 € | 19,6 % |
| 150 000 € | 7 001 € | 16 690 € | 2 751 € | 1 235 € | 27 677 € | 18,5 % |
| 200 000 € | 7 936 € | 22 365 € | 3 114 € | 1 235 € | 34 650 € | 17,3 % |
Tableau établi et tenu à jour par EPIPHYSE Conseil, expert-comptable des professions libérales BNC à Bordeaux et Tours.
Sage-femme conventionnée
| Revenus | Base | Complémentaire | PCV | Inval.-décès | Total | Taux |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 15 000 € | 1 590 € | 3 211 € | 260 € | 384 € | 5 445 € | 36,3 % |
| 25 000 € | 2 650 € | 3 211 € | 260 € | 384 € | 6 505 € | 26,0 % |
| 35 000 € | 3 710 € | 3 637 € | 260 € | 384 € | 7 991 € | 22,8 % |
| 50 000 € | 5 131 € | 5 340 € | 260 € | 384 € | 11 115 € | 22,2 % |
| 70 000 € | 5 505 € | 7 610 € | 260 € | 384 € | 13 759 € | 19,7 % |
Tableau établi et tenu à jour par EPIPHYSE Conseil, expert-comptable des professions libérales BNC à Bordeaux et Tours.
Lisez la colonne de droite de bas en haut plutôt que de haut en bas. Le taux ne monte pas avec le revenu, il descend. C’est la marque des deux forfaits, qui pèsent d’un poids constant sur une base qui, elle, varie.
« Une dispense qu’on ne demande pas n’existe pas. Et celle du début d’activité se périme en soixante jours, au moment précis où l’on a autre chose en tête. »
Pierre-Emmanuel Hinard — expert-comptable, EPIPHYSE Conseil
Réductions et dispenses : cinq portes, toutes sur demande
C’est la partie la moins connue du barème, et la plus rentable. La caisse publie cinq situations qui allègent la cotisation, parfois jusqu’à l’annuler. Aucune n’est automatique : toutes se demandent, et deux d’entre elles se périment.
| Situation | Ce que vous évitez | Effet sur vos droits |
|---|---|---|
| Début d’activité 2 premières années civiles | La totalité du forfait complémentaire, soit 3 210,60 € par an | Rachetable entre la 6e et la 15e année, au prix du point de l’année du rachat |
| Revenus faibles sous 31 239 € | Une fraction du forfait complémentaire, au prorata | Droits réduits « à due concurrence » |
| Maternité | Forfait et proportionnelle du complémentaire, sur deux années : celle de l’accouchement et la suivante | Rachetable à hauteur de 6 ou 12 points par an, en une seule fois |
| Maladie incapacité de plus de 6 mois | Régime de base exonéré, complémentaire et PCV dispensés | Le régime de base continue d’ouvrir 400 points et 4 trimestres ; le complémentaire et la PCV, non |
| Situation d’infortune | Dispense de la totalité ou du solde des cotisations du complémentaire | Perte des droits de retraite correspondants |
Tableau établi et tenu à jour par EPIPHYSE Conseil, expert-comptable des professions libérales BNC à Bordeaux et Tours.
La dernière ligne mérite d’être connue même si personne n’aime l’envisager : la situation d’infortune vise le praticien qui n’est plus en mesure de payer. Elle dispense de la totalité ou du solde des cotisations du régime complémentaire, au prix des droits correspondants. Si vous en êtes là, écrivez à la caisse avant d’accumuler les majorations de retard.
Trois remarques avant de vous servir des quatre autres.
Le début d’activité est de loin la plus forte, et la plus facile à laisser passer : la demande doit parvenir à la caisse dans les soixante jours qui suivent l’appel de cotisations. Passé ce délai, c’est perdu pour l’année. En année pleine, l’enjeu est de 3 210,60 € par an, à proratiser selon votre trimestre d’affiliation. Le rachat reste possible entre la sixième et la quinzième année, mais il n’a rien d’automatique : c’est une faculté à budgéter, pas un droit qui se reconstitue seul.
La maternité est la seule qui porte sur deux années pleines, forfait et part proportionnelle comprises. Sur une caisse qui gère les sages-femmes, c’est le dispositif le plus souvent sous-utilisé. Le rachat se fait en une fois, et deux prix coexistent selon que vous le réglez avant la sixième année d’activité ou au moment de la liquidation.
Toutes ne se valent pas du point de vue des droits. Début d’activité et maternité se rachètent, la réduction pour revenus faibles réduit les droits d’autant, et les dispenses de PCV font perdre des points qui, eux, ne se rachètent pas. C’est le seul critère qui compte vraiment quand l’économie immédiate est du même ordre.
À quoi pouvez-vous prétendre ? Indiquez votre profession, vos revenus nets 2025 et votre situation : les quatre dispositifs de la caisse sont passés en revue, et chiffrés.
Estimation indicative fondée sur le barème CARCDSF 2026 et sur les dispositifs publiés par la caisse. Elle ne porte que sur les cotisations CARCDSF, hors URSSAF. Toutes ces demandes s’accompagnent de justificatifs, et certaines ont un délai : faites confirmer votre situation par la caisse avant toute décision.
Débuter : des forfaits proratisés, et une dispense à ne pas laisser passer
Les deux premières années, la caisse ne connaît pas encore vos revenus : elle appelle des montants forfaitaires. Une règle commande tout le reste, et elle est souvent découverte trop tard : l’affiliation prend effet au premier jour du trimestre civil qui suit le début d’activité, et les cotisations sont dues au prorata des trimestres d’affiliation. Une installation en février vous affilie au 1er avril, et vous devez trois trimestres sur quatre.
Voici donc les forfaits en année pleine, à proratiser selon votre date :
- Régime de base : 968 €, calculés sur une assiette forfaitaire de 9 131 €, soit 19 % du plafond ;
- Régime complémentaire : 3 210,60 €, le forfait plein ;
- PCV : 1 663,60 € pour le chirurgien-dentiste, 260 € pour la sage-femme ;
- Invalidité-décès : 1 235 € ou 384 € selon la profession.
Soit, pour une année pleine, environ 7 077 € pour un chirurgien-dentiste et 4 823 € pour une sage-femme, avant régularisation. Sur une année de démarrage, ce sont des montants qui pèsent, et c’est précisément là que se joue le réflexe le plus rentable.
La dispense du forfait complémentaire. Le forfait du régime complémentaire, 3 210,60 € en année pleine, peut être entièrement dispensé au titre des deux premières années civiles d’activité. La demande doit parvenir à la caisse dans les soixante jours qui suivent l’appel de cotisations : passé ce délai, c’est perdu pour l’année. Les cotisations dispensées peuvent ensuite être rachetées entre la sixième et la quinzième année, au prix du point de l’année du rachat. La caisse est explicite sur la contrepartie : « cela entraîne la perte de points de retraite correspondants ». Le rachat les reconstitue, mais il n’a rien d’automatique : c’est une faculté à budgéter le moment venu. Bien menée, l’opération décale une charge lourde vers des années où l’activité la supporte.
Un autre outil existe, souvent sous-utilisé : la demande de calcul sur revenu estimé. Si vous savez que 2026 sera nettement en dessous de 2025, vous pouvez demander que les cotisations provisionnelles du régime de base soient assises sur votre estimation, plutôt que de payer trop puis d’attendre une régularisation. L’inverse vaut aussi : anticiper une bonne année évite un rappel brutal l’année suivante.
Deux autres leviers, et le même délai de soixante jours
Ils ne dépendent pas de la caisse mais méritent d’être décidés en même temps, parce qu’ils obéissent au même calendrier serré et qu’ils ne se cumulent pas entre eux.
- L’ACRE exonère jusqu’à 25 % des cotisations si vos revenus restent sous 75 % du plafond, soit 36 045 € en 2026. Entre 75 % et 100 % du plafond, l’exonération devient dégressive ; au-delà de 48 060 €, elle disparaît. La demande se fait auprès de l’URSSAF, dans les soixante jours suivant le début d’activité.
- Le report puis l’étalement du régime de base. Vous pouvez reporter la cotisation provisionnelle due au titre des douze premiers mois jusqu’à ce que la cotisation définitive soit connue, puis l’étaler sur cinq ans sans majorations de retard. La demande doit être faite au plus tard à la première échéance suivant le début d’activité, et avant tout versement. Le dispositif ne peut pas être utilisé plus d’une fois tous les cinq ans.
Point de vigilance : le report et l’étalement ne sont pas compatibles avec l’ACRE. Il faut choisir, et le choix se fait au démarrage, au moment où l’on a le moins de visibilité sur ses revenus. C’est exactement le genre d’arbitrage qui se pose une fois et qui se paie pendant cinq ans.
2026, l’année où l’assiette elle-même change
Il y a une raison supplémentaire de regarder l’appel 2026 de près. La réforme de l’assiette sociale des travailleurs indépendants produit ses premiers effets cette année, sur les revenus 2025. L’assiette n’est plus le revenu net après déduction des cotisations réelles, mais un revenu brut social diminué d’un abattement forfaitaire de 26 %. Le taux de la retraite de base des libéraux réglementés est d’ailleurs passé de 8,23 % à 8,73 % dans ce cadre.
La conséquence pratique tient en une phrase : la régularisation de 2026 cumule le rattrapage habituel et le changement d’assiette. Les soldes peuvent surprendre, dans un sens comme dans l’autre. Nous avons détaillé le mécanisme, ses bornes et ses effets dans notre article sur la réforme de l’assiette sociale et la régularisation 2026.
Une précision qui écarte une confusion fréquente. Le régime du micro-entrepreneur, celui où les cotisations sont un simple pourcentage du chiffre d’affaires, ne vous est pas ouvert : il est réservé aux libéraux relevant de la Cipav ou du régime général, et les professions rattachées à une caisse propre comme la CARCDSF en sont exclues. Vous pouvez en revanche relever du micro-BNC, qui est un régime fiscal : il change votre façon de déclarer vos bénéfices, pas le calcul de vos cotisations. Autrement dit, le micro-BNC ne vous met pas hors du champ de la réforme d’assiette.
Payer : dates, options et bon réflexe
Le prélèvement automatique se décline en deux rythmes :
- mensuel, le 15 de chaque mois de janvier à décembre, ou le premier jour ouvré suivant ;
- trimestriel, le 15 des mois de mars, juin, septembre et décembre.
Le virement et le télépaiement suivent le calendrier trimestriel. L’adhésion au prélèvement se reconduit chaque année, sauf dénonciation, et prend fin après deux rejets : le paiement bascule alors en trimestriel par virement ou par chèque. Les retards exposent à des majorations.
Le réflexe utile est comptable plutôt que bancaire. En déclaration contrôlée, les cotisations obligatoires versées à la CARCDSF sont déductibles de votre bénéfice, à l’encaissement. Choisir le mensuel plutôt que le trimestriel ne change pas le montant annuel, mais lisse la trésorerie et évite les à-coups de décembre, au moment où l’on solde aussi souvent d’autres échéances.
Questions fréquentes
Les cotisations CARCDSF sont-elles déductibles de mon bénéfice ?
Oui, en déclaration contrôlée : les cotisations obligatoires de retraite et de prévoyance versées à la caisse sont déductibles du bénéfice imposable, à la date de leur encaissement. En micro-BNC, aucune déduction n’est possible, l’abattement forfaitaire étant réputé couvrir l’ensemble des charges.
Le régime complémentaire est-il vraiment le même pour une sage-femme et un chirurgien-dentiste ?
Oui. La caisse présente le régime complémentaire sans distinction de profession, forfait de 3 210,60 € compris, alors qu’elle sépare explicitement les barèmes pour la PCV et l’invalidité-décès. Ce sont donc ces deux derniers régimes, et eux seuls, qui différencient les deux professions.
Que se passe-t-il si je ne déclare pas mes revenus à la caisse ?
La caisse procède à une taxation d’office : l’assiette est fixée à cinq fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 240 300 € en 2026, et le régime de base est majoré de 5 %. La situation se rectifie sur présentation des justificatifs fiscaux, mais l’appel est parti au maximum entre-temps.
Puis-je faire calculer mes cotisations sur mon revenu 2026 estimé ?
Oui, la caisse prévoit une procédure de revenu estimé. Elle est utile quand l’année en cours s’annonce nettement différente de la précédente, à la baisse pour éviter d’avancer une trésorerie inutile, à la hausse pour éviter un rappel brutal l’année suivante.
La dispense de PCV est-elle une bonne affaire quand les revenus sont bas ?
Rarement. La caisse indique que la dispense entraîne l’annulation des droits pour l’année, et que les points non cotisés ne sont pas rachetables. L’économie est immédiate, la perte est définitive. Sur une carrière, l’arbitrage se fait au cas par cas, en regardant le nombre d’années concernées.
Mes cotisations CARCDSF représentent-elles toutes mes charges sociales ?
Non. La CARCDSF couvre la retraite et la prévoyance. L’URSSAF appelle séparément la cotisation maladie, les allocations familiales, la CSG et la CRDS. Pour un praticien conventionné, une partie de la cotisation maladie est par ailleurs prise en charge par l’Assurance maladie.
Puis-je exercer en auto-entrepreneur pour payer moins de cotisations ?
Non. Le régime du micro-entrepreneur, où les cotisations sont un pourcentage du chiffre d’affaires, est réservé aux libéraux relevant de la Cipav ou du régime général. Les professions rattachées à une caisse propre, dont la CARCDSF, en sont exclues. Vous pouvez relever du micro-BNC, mais c’est un régime fiscal : il change votre manière de déclarer votre bénéfice, pas le calcul de vos cotisations.
Je m’installe cette année : que dois-je demander en priorité ?
La dispense du forfait du régime complémentaire au titre des deux premières années civiles d’activité, soit 3 210,60 € en année pleine. C’est le dispositif le plus lourd, et le plus facile à rater : la demande doit parvenir à la caisse dans les soixante jours qui suivent l’appel de cotisations. Attention à deux détails qui changent le montant : l’affiliation ne prend effet qu’au premier jour du trimestre civil suivant votre début d’activité, et les cotisations sont dues au prorata des trimestres. Les cotisations dispensées peuvent être rachetées entre la sixième et la quinzième année, au prix du point de l’année du rachat, mais ce rachat est une faculté, pas un automatisme.
Une grossesse ouvre-t-elle droit à une dispense ?
Oui, et c’est la seule qui porte sur deux années pleines. La dispense vise la cotisation forfaitaire et la cotisation proportionnelle du régime complémentaire, au titre de l’année de l’accouchement et de l’année civile suivante. Elle se rachète à hauteur de six ou douze points par an, en un seul versement, à un prix qui dépend du moment où vous le réglez.
Une sage-femme est-elle couverte en cas d’arrêt de travail ?
Oui. Son appel ne détaille pas de ligne « indemnités journalières », contrairement à celui du chirurgien-dentiste, mais le régime invalidité-décès lui ouvre bien ce droit, à compter du 91e jour d’incapacité, à hauteur de 49,70 € par jour en 2026 contre 113,22 € pour le chirurgien-dentiste. Avant le 91e jour, ce sont les indemnités de l’Assurance maladie qui jouent, du 4e au 90e.
L’ACRE et l’étalement des cotisations sont-ils cumulables ?
Non. Le report puis l’étalement sur cinq ans de la cotisation provisionnelle du régime de base ne sont pas compatibles avec l’ACRE. Les deux se demandent par ailleurs dans des délais très courts : soixante jours suivant le début d’activité pour l’ACRE, auprès de l’URSSAF, et au plus tard à la première échéance et avant tout versement pour l’étalement. L’arbitrage dépend du niveau de revenus attendu : l’ACRE ne produit son plein effet que sous 75 % du plafond, soit 36 045 € en 2026.
EPIPHYSE Conseil accompagne les chirurgiens-dentistes et les sages-femmes libéraux : calcul et vérification de vos appels de cotisations, demandes de réduction, arbitrage micro-BNC ou déclaration contrôlée, et pilotage de votre trésorerie tout au long de l’année. Parlons de votre situation.
- CARCDSF : Montant des cotisations (barème 2026)
- CARCDSF : Montant des cotisations en début d’activité
- CARCDSF : Modalités et dates de paiement
- URSSAF : Plafond annuel de la Sécurité sociale 2026 (48 060 €)
- URSSAF : Réforme de l’assiette sociale des indépendants
- CARCDSF : Réduction et dispense de cotisation (début d’activité, revenus faibles, maternité, maladie)
- CARCDSF : Indemnités journalières, taux 2026
- Service-public : professions libérales réglementées et régime du micro-entrepreneur
