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Cotisations du kinésithérapeute libéral : ce qui change en 2026
18 mai 20265 min de lectureEPIPHYSE Conseil

Les cotisations du kinésithérapeute libéral connaissent un tournant en 2026. Réforme de la CARPIMKO, nouvelle assiette sociale, seuil du micro-BNC relevé : plusieurs changements modifient ce que vous payez. Et un nouveau droit social s’y ajoute.

Or ces évolutions ne sont pas de simples lignes dans un texte de loi. Elles touchent votre revenu net, votre retraite et votre trésorerie. Voici donc le point clair, daté et concret : pour anticiper plutôt que subir.

Cotisations du kinésithérapeute : la réforme CARPIMKO

D’abord, le changement le plus structurant. Le régime de retraite complémentaire de la CARPIMKO est réformé. Jusqu’en 2025, il combinait deux parts : une cotisation forfaitaire et une cotisation proportionnelle au revenu.

Jusqu’en 2025

Une part forfaitaire + une part proportionnelle. La part forfaitaire garantissait 8 points de retraite.

Dès 2026

Un calcul 100 % proportionnel au revenu. La cotisation forfaitaire disparaît.

Désormais, le calcul devient entièrement proportionnel. La cotisation forfaitaire, et les 8 points de retraite qu’elle garantissait, disparaît. Concrètement, l’effet dépend de votre niveau de revenu.

Ainsi, pour un praticien aux revenus modestes, la cotisation peut baisser. Pour un praticien à hauts revenus, elle augmente. Par ailleurs, l’acquisition de vos points de retraite suit la même logique proportionnelle. C’est donc un sujet à regarder de près, car il engage votre retraite future.

Que faire ? D’abord, situez votre tranche de revenu. Ensuite, mesurez l’écart entre l’ancien et le nouveau calcul. Pour un kinésithérapeute proche de la retraite, l’enjeu sur les points est immédiat. Pour un jeune praticien, c’est surtout l’effet de long terme qui compte.

Le barème CARPIMKO 2026, poste par poste

Une précision avant les chiffres, parce qu’elle évite une erreur de lecture fréquente : la CARPIMKO n’appelle que quatre cotisations, la retraite de base, la retraite complémentaire, l’avantage social vieillesse et l’invalidité-décès. La maladie-maternité, les allocations familiales, la CSG-CRDS et la contribution à la formation professionnelle sont appelées séparément par l’Urssaf. Le tableau ci-dessous n’est donc pas le total de ce que vous payez.

RégimeBarème 2026Ce qu’il faut savoir
Retraite de base8,73 % jusqu’à 48 060 €
plus 1,87 % jusqu’à 240 300 €
Le taux de 1,87 % court dès le premier euro et se cumule avec le 8,73 %, il ne s’ajoute pas seulement au-dessus du plafond. Une assiette minimale existe, égale à 450 fois le Smic horaire.
Retraite complémentaire8,70 % sur une assiette comprise entre 24 030 € et 144 180 €
soit de 2 091 € à 12 544 €
C’est le vrai changement de 2026 : la cotisation forfaitaire disparaît et la cotisation devient entièrement proportionnelle.
Avantage social vieillesse671 € au total, dont 224 € à votre charge et 447 € pris en charge par la CPAM
plus 0,40 % de l’assiette conventionnée
Ne retenez pas 671 € comme votre coût : la caisse d’assurance maladie en règle les deux tiers au titre du conventionnement.
Invalidité-décès1 022 €Cotisation unique, indépendante du revenu, due jusqu’à l’âge du taux plein, y compris par les affiliés qui perçoivent les prestations du régime.

Tableau établi et tenu à jour par EPIPHYSE Conseil, expert-comptable des professions libérales BNC à Bordeaux et Tours.

Le changement de 2026 mérite qu’on s’y arrête. Jusqu’en 2025, la retraite complémentaire combinait une cotisation forfaitaire d’environ 2 300 € et une part proportionnelle de 3 %. Depuis le 1er janvier 2026, le forfait a disparu au profit d’un taux unique de 8,70 %. Pour un praticien à revenus modestes, la cotisation baisse ; au-delà de l’assiette plancher, elle suit désormais le revenu sans marche d’escalier.

Quant au passage du taux de retraite de base de 8,23 % à 8,73 %, ce n’est pas une hausse sèche : c’est la contrepartie de la réforme d’assiette. Depuis la régularisation des cotisations de 2025, l’ensemble se calcule sur une assiette unique, le revenu brut diminué d’un abattement forfaitaire de 26 %, cet abattement remplaçant la déduction des cotisations. Nous l’avons détaillée dans notre article sur la réforme de l’assiette sociale.

Pour situer votre propre cas, notre simulateur de cotisations sociales part de votre résultat annuel et donne l’ordre de grandeur en régime de croisière.

L’assiette sociale unique des indépendants

Ensuite, une réforme plus discrète, mais générale. L’assiette de calcul de vos cotisations sociales est unifiée. Auparavant, les différentes cotisations, maladie, retraite, CSG-CRDS, reposaient sur des bases de calcul distinctes.

Désormais, une assiette unique sert de référence, après un abattement forfaitaire. Cette réforme s’applique pour la première fois sur vos revenus 2025. En pratique, elle simplifie le calcul. Toutefois, elle peut aussi modifier le montant total de vos cotisations.

C’est pourquoi il faut comparer, sur votre situation réelle, l’ancien et le nouveau mode de calcul. Ainsi, vous évitez toute mauvaise surprise au moment de la régularisation annuelle. Cette unification met fin à un système longtemps jugé peu lisible. En contrepartie, l’année de transition mérite une attention particulière : c’est sur elle que se jouent les écarts.

Micro-BNC : le seuil relevé pour 2026-2028

Côté fiscal, le régime micro-BNC évolue lui aussi. Ce régime s’adresse aux kinésithérapeutes dont les recettes restent sous un seuil. Pour la période 2026-2028, ce seuil est porté à 83 600 €.

En revanche, l’abattement forfaitaire reste de 34 %. Autrement dit, l’administration considère que 34 % de vos recettes couvrent vos charges. En pratique, vous êtes imposé sur les 66 % restants.

83 600 €
Nouveau seuil du micro-BNC, fixé pour 2026-2028
34 %
Abattement forfaitaire, inchangé

Prenons un cas concret. Un kinésithérapeute facture 70 000 € de recettes. En micro-BNC, l’abattement de 34 % ramène sa base imposable à 46 200 €. Mais si ses charges réelles atteignent 30 000 €, la déclaration 2035 l’imposerait sur 40 000 € seulement. L’écart se chiffre vite sur une année complète.

Un nouveau congé de naissance

Enfin, 2026 apporte aussi un nouveau droit. Un congé de naissance est créé. Il vient compléter les congés maternité et paternité existants.

Surtout, ce congé s’ouvre aux travailleurs indépendants. De fait, les kinésithérapeutes libéraux y ont accès. C’est une avancée réelle, car l’arrêt d’activité d’un libéral a toujours un coût direct.

En pratique, un tel arrêt s’anticipe. Concrètement, il faut prévoir la trésorerie, organiser un éventuel remplacement et vérifier ses garanties de prévoyance. En effet, un congé, même indemnisé, ne compense jamais totalement une activité à l’arrêt.

Le détail des conditions et de l’indemnisation se précise encore. En attendant, intégrez ce nouveau droit dans votre réflexion sur la prévoyance. Un arrêt bien préparé pèse toujours moins lourd qu’un arrêt subi : sur le plan financier comme humain.

Cotisations du kinésithérapeute : comment les anticiper

Tous ces changements ont un point commun. Ils modifient votre trésorerie, parfois sans prévenir. Or des cotisations mal anticipées créent des tensions : voire des régularisations douloureuses l’année suivante. À l’inverse, bien anticipées, elles ne sont qu’une ligne de plus dans un budget maîtrisé.

C’est pourquoi le pilotage devient essentiel cette année. ALICEA, le logiciel que nous avons développé chez EPIPHYSE Conseil, suit vos recettes et provisionne vos cotisations en temps réel. Ainsi, vous savez chaque mois ce que vous devez mettre de côté.

1

Recalculez vos cotisations sur la nouvelle assiette unique, dès la déclaration 2025.

2

Provisionnez chaque mois, pour absorber la régularisation sans à-coup.

3

Mesurez l’effet de la réforme CARPIMKO sur votre future retraite.

4

Faites un point de trésorerie chaque trimestre avec votre expert-comptable.

Concrètement, c’est notre métier. Nous accompagnons les kinésithérapeutes libéraux, et plus largement les professions libérales de santé, pour transformer ces réformes en décisions claires. Vos tarifs aussi évoluent cette année : nous le détaillons dans notre article sur la revalorisation des actes de kinésithérapie. Pour les chiffres officiels, la CARPIMKO publie le détail de ses cotisations.

Estimez vos cotisations 2026 en quelques secondes. Notre simulateur de cotisations sociales du kinésithérapeute (CARPIMKO) applique l’abattement d’assiette de 26 % et les barèmes 2026 pour estimer vos cotisations à partir de votre résultat.

Chez EPIPHYSE Conseil, nous accompagnons les kinésithérapeutes dans la gestion financière de leur activité libérale : cotisations, fiscalité, trésorerie et pilotage via ALICEA.

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En 2026, des cotisations à piloter, pas à subir

En conclusion, 2026 rebat les cartes des cotisations du kinésithérapeute. La CARPIMKO change, l’assiette sociale se simplifie, le micro-BNC évolue, un nouveau congé apparaît. Aucun de ces changements n’est anodin. Notamment, chacun touche votre revenu net ou votre trésorerie. Anticipez-les, et faites-en des décisions, pas des surprises.